4 et 11 Août 2018 – Procès-Verbal Des Emissions Radiodiffusées Sur Le Systeme Educatif Mauritanien

La Radio de Touldé Doubango Daande Gellooje, a organisé les samedi 4 et 11 août 2018, deux séries d’émissions portant sur « le diagnostic de la crise du système éducatif mauritanien et les ébauches de solutions ». Etaient réunis autour du Présentateur M. Dia Amadou Boukary, plusieurs ressortissants de la commune de Boghé issus de la diaspora extérieure : Mr. Béchir Barro, Djibril Senghott, kalidou Oumar Sy, Ibrahima Abdoulaye Soko dit Khalil Soko, Mamadou Yall, Abou Bacry Diallo, Demba Sy, Ibrahima Bocar Thiam.  A ceux-là, s’ajoutent d’autres ressortissants de la commune qui sont intervenus par la liaison Turbobridge dont notamment Mr. Amadou Touré, Hamath Bâ, Fatimata Dia, Cheikh Oumar Dia et Lô Sileymane Alpha. Il s’agissait d’interpeller les acteurs locaux du secteur (représentés par Mr. Ousmane Bâ, inspecteur de l’enseignement fondamental et Abdoulaye Dia, professeur, directeur des études du lycée d’Aleg) sur les problèmes de l’école mauritanienne en général, ceux de la commune de Boghé en particulier ainsi que les solutions envisageables pour y remédier.

Abordant la question lancinante des résultats des examens nationaux 2018, les acteurs du secteur ont fait un constat général : Un très faible taux d’admission comparativement aux années passées mais aussi aux pays voisins. Si au concours d’entrée en 1ère AS, les résultats ont frôlé la barre des 50%, au BEPC et au Baccalauréat, ils sont respectivement de l’ordre de 32,75% et 12,87%. Poussant l’analyse au niveau régional, le taux d’admission dans le Brakna est de l’ordre de 7,31% pour les deux sessions du baccalauréat et pour toutes les séries confondues. Ce qui dénote d’un malaise généralisé.

Quant aux causes de cette baisse sensible des taux d’admission, elles sont de plusieurs ordres. Parmi ceux-ci, le manque de formation des enseignants, la dévalorisation de la fonction enseignante, les réformes inadaptées et peu ou pas consensuelles, la question de la langue arabe particulièrement pour les communautés négro-africaines. A cela s’ajoutent des problèmes locaux tels que la pléthore des classes avec ses conséquences sur la qualité de l’enseignement dispensé (classes multigrades au fondamental, effectifs qui dépassent 100 élèves par classe dans certains établissements), la vétusté des locaux (Ex : cas du vieux lycée de Boghé), le déficit d’enseignants en langue arabe, l’absence ou le manque d’infrastructures telles que les salles de classes, les salles informatiques, les laboratoires, les sanitaires, les table-bancs. Enfin, les intervenants ont évoqué l’absence ou la léthargie des associations de parents d’élèves qui devraient constituer un puissant lobby pour porter au plus haut niveau les problèmes susmentionnés.

Les intervenants ont unanimement exprimé leurs vives préoccupations face à cette situation critique dans laquelle se débat un secteur aussi vital que l’éducation et se sont interrogés sur les stratégies à mettre en œuvre à court, moyen et long terme pour y faire face.

Parmi les solutions envisagées, on retient essentiellement :

-La mise sur pied d’une commission ad hoc composée de professionnels du secteur. Elle se chargera de dresser l’état des lieux et de réfléchir sur des propositions concrètes à mettre en œuvre pour faire face à cette situation.

-La création ou la redynamisation des bureaux des APE (Associations de Parents d’élèves), partenaires privilégiés des décideurs tant aux niveaux départemental, régional et national ainsi que les amicales des enseignants du terroir.

-La création d’une coordination des associations de la diaspora intérieure et extérieure pour mieux apporter des réponses concrètes aux problèmes soumis par la commission ad hoc.

Abdoulaye Alassane DIA

 

 

 

 

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